Le premier livre de mon challenge Vivaldi.
Quatrième de couverture :
Trois nouvelles : trois lumières, trois douleurs.
De la première phrase du recueil : « A cette époque-là c’était toujours fête », aux derniers mots recouvrant d’un calme linceul le corps d’une suicidée, l’écriture fouille le plein jour de l’activité humaine jusqu'à y toucher le néant et la mort. Un peu comme un œil fasciné passe et repasse sur la blessure d’un beau visage. C’est la fêlure d’angoisse qui accompagne une pâle amoureuse dans tous ses trajets (Le Bel Eté). Puis c’est l’acharnement incertain de trois jeunes gens à suivre autour de la ville les doubles traces de viveurs fatigués et de la nature pléthorique. (Le Diable sur les Collines). C’est enfin la fièvre vaine qui fait s’agiter quelques femmes volées à elles-mêmes et dissipées en paroles de pure perte (Femmes entre elles).
L’art de Pavese est de travailler une matière tout en éclats, les éclats douloureux de l’unité mythique à jamais perdue. Mais ce deuil est en suspension dans une lumière tendre. Mais cette poussière d’instants a été pulvérisée par un virtuose de la pudeur. Le désarroi est immergé dans les plaisirs, on s’offre nu au soleil, on se soûle d’odeurs, on travaille à sa vie. La souffrance parle au discours indirect, on dirait que sa voix est assourdie par une fatigue heureuse.
Un an après la parution de ce livre, Pavese mettait, comme on dit, fin à ses jours. C’était le 27 aout 1950, un bel été.
Même si ces 3 nouvelles ont des personnages différents, elles se ressemblent par bien des points : elles ont toutes le même environnement (Turin et ses environs), la même atmosphère ; elles présentent toutes une tranche de vie des personnages sans vraie histoire, ni vrai début ou fin.
Les personnages y sont en quête d’eux-mêmes, consumant la vie jusqu’aux aurores, fumant, buvant et se droguant parfois sans y trouver ce qu’ils cherchent. Ils semblent se trainer dans la vie plus qu’autre chose.
L’atmosphère de chaque nouvelle y est assez pesante, un peu glauque même parfois. Certes on y parle de campagne, de bals et autres plaisirs, mais on sent la souffrance transparaitre sous ce vernis.
Les nouvelles n’ont pas vraiment de fin, à part la dernière et j’ai du relire les dernières pages de chacune pour vérifier que je n’avais pas manqué un mot important, mais non.
Globalement, on comprend pourquoi l’auteur a mis fin à ses jours, car il transparait à chaque page un dégout de la vie, une impression que la vie est vide de sens qui est difficilement supportable.